Marin Kasimir "Dimension"

 LOCATION 

Brussels Belgium

PROJET

Hotel de Ligne

CONSTRUCTION

2005

Photographic installation

Impression numérique sur plexiglas dans un caisson lumineux, 0,6x22,35 m,

Dimensions fait partie des recherches de Marin Kasimir sur le développement de panoramas photographiques. Imprimée sur une feuille de Plexiglas rétro éclairée, l’image présente trois prises de vue à 450°. De gauche à droite, on passe du château de Seneffe à une cour de récréation puis aux rues de Tournai un jour de fête, celle qui s’appelait alors encore fête de la Communauté française le 27 septembre 2004. L’assemblage des trois photographies tient du montage cinématographique. Les images ne sont en effet ni juxtaposées, ni séparées les unes des autres. Kasimir a mixé les prises de vue avec une séquence plus abstraite et plus condensée, comme si le tournage s’était brusquement accéléré. Dimensions est aussi un exercice de composition, tant dans le traitement des couleurs et des formes que dans les rapports des “figures” entre elles. La vue de la cour du château de Seneffe le montre bien : un tapis de fleurs fait éclater des tons qui tranchent avec la pierre bleue et le gris du ciel ; les quelques visiteurs épars sont loin de nous ; Kasimir a choisi un point de vue très précis : en s’installant à l’extrémité d’une aile latérale, il décale la perspective de l’architecture et laisse voir une tourelle à l’horloge qui ordonne la partie gauche du panorama. Le regardeur aura tôt fait de retrouver une deuxième horloge dans la prise de vue suivante, dans la cour de récréation peuplée d’enfants, ici photographiés de près, à hauteur de visage, remuants aux extrémités de l’image et comme immobiles au centre. Et, c’est encore un cadran, cette fois élément de la scénographie d’un spectacle de rue intitulé L’horloge humaine, qu’on reconnaît au-dessus de la foule massée devant le beffroi de Tournai où, sous un ciel éteint, flamboyant les couleurs des vêtements des saltimbanques et des drapeaux de la Communauté française aujourd’hui appelée Fédération Wallonie-Bruxelles, belge et européen. En répétant ainsi l’image d’une horloge, Kasimir s’attache moins à thématiser l’objet qu’à souligner le rapport entre l’espace et le temps, dont la technique même du panorama constitue une des démonstrations les plus parlantes.