Jean Glibert "Untitled"

 LOCATION 

Brussels Belgium

PROJET

Hotel de Ligne

CONSTRUCTION

2004

Deux feuilles de verre trempé et émaillées, 2,22 x 1,35 m et 2,25 x 3 m

Première réalisation menée à bien sur les conseils du Comité « Œuvres d’art » du Parlement, l’intervention de Jean Glibert a profondément modifié la sensibilité spatiale du hall d’entrée de l’Hôtel de Ligne. Plutôt que de chercher à s’harmoniser aux caractéristiques du lieu tel qu’il se présentait, l’artiste a travaillé et en a profondément modifié sa signification. Il faut reconnaître les particularités tant formelles du site – tout en largeur (17 x 4,90 m) et dépourvu d’apport direct de lumière naturelle – que fonctionnelles : salle d’attente et lieu de passage vers l’atrium, les ascenseurs et une partie des bureaux. Glibert a développé son intervention en intégrant un grand nombre de paramètres, en ce compris les modifications de l’éclairage et de la couleur des murs plus blancs qu’à l’origine. Les deux feuilles de verre trempé placées dans un parfait vis-à-vis sur les murs latéraux englobent la totalité de l’espace. D’un côté, la plaque émaillée avec un bleu profond a été véritablement intégrée au plafonnage. C’est un miroir. Tout en agrandissant l’espace, il absorbe plus qu’il ne reflète l’image du hall, de ceux qui s’y trouvent et, derrière, de l’autre verre ici accroché à la paroi et quadrillé en neuf rectangles délimités par un trait noir qui ferme également l’ensemble de la composition. L’artiste l’a conçue comme un répertoire de couleurs éclatantes… des couleurs primaires, du noir, du vert, du blanc mais aussi de teintes fluorescentes, métallisées et réfléchissantes.
L’intervention de Jean Glibert au Parlement n’est pas une œuvre de circonstance. Il a su rester fidèle à ses recherches sur l’image constructive de l’environnement. Les teintes des plaques de verre et l’éclairage du hall revêtent une valeur architectonique. C’est un travail sur l’organisation de l’espace et sur les rapports entre le site et ses utilisateurs. Cette réalisation s’apparente ainsi à un acte de qualification perceptive : elle modifie la relation au lieu. Et, en tant que telle, elle offre à celui qui l’expérimente la possibilité de s’éprouver à travers les qualités des volumes, de l’échelle, des matériaux, de la couleur, de la lumière… et à y prendre la mesure de sa présence.